Réforme des retraites : Emmanuel Macron a remodelé son projet

08/05/2022

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Réforme des retraites : Emmanuel Macron a remodelé son projet

Emmanuel Macron a été réélu, dimanche 24 avril, pour un deuxième quinquennat. Parmi les « chantiers prioritaires » qu’il espère lancer au plus vite, celui de la réforme des retraites. Chantier majeur de son premier mandat, cette réforme avait suscité la fronde des Français et avait finalement été suspendue en raison de la pandémie de Covid-19. Mais alors qu’elle a fait son grand retour pendant la campagne, Emmanuel Macron a repensé son projet. S’il prévoit toujours de repousser progressivement l’âge de départ à la retraite à 65 ans, il s’est dit ouvert aux discussions et prêt à bouger sur cette réforme. Pour cela, il souhaite réunir les partenaires sociaux dans le cadre d’une grande conférence sociale afin d’aboutir à un projet de loi d’ici cet été. Le point sur ce que voudrait proposer Emmanuel Macron.

Assouplir le rythme de transition

Emmanuel Macron voudrait faire passer l’âge légal de départ en retraite à 65 ans. Celui-ci s’appliquerait pleinement aux personnes nées à partir de 1969. Pour les autres, il prévoit de le repousser progressivement, d’ici 2031, de quatre mois chaque année. Cependant, ce rythme de transition étant au cœur des débats, il s’est dit prêt à le repenser. « Je suis prêt à bouger le rapport au temps et dire qu’on ne fait pas forcément une réforme jusqu’en 2030 si je ressens trop d’angoisse chez les gens » avait-il expliqué le 11 avril dernier. La réforme pourrait ainsi s’arrêter en 2027 et donc se limiter à un âge de départ à 64 ans.

La pension minimale revue à la hausse

Emmanuel Macron prévoirait également de revaloriser la pension minimale pour les travailleurs ayant effectué une carrière complète. Actuellement de 980 euros, elle pourrait passer à 1 100 euros, dès janvier 2023.

De même, le chef de l’État avait promis, durant la campagne, qu’en cas de réélection, il indexerait les retraites sur l’inflation dès cet été. Deux gestes qui seraient particulièrement bien accueillis.

Simplifier le cumul emploi-retraite

Autre geste envisagé par Emmanuel Macron, la simplification du mécanisme de cumul emploi-retraite, afin de le rendre « plus incitatif ». Les retraités qui reprendront une activité, après avoir liquidé tous leurs droits, pourront acquérir des droits supplémentaires. Cela leur permettra d’augmenter le montant de leur pension pour les années suivantes.

À ce jour, cela n’est possible que dans le cadre d’une retraite progressive. Puisque les assurés sociaux ne liquident qu’une partie de leurs droits.

Mais outre, l’avantage financier que cela représenterait pour les retraités, cette réforme du cumul emploi-retraite permettrait de remettre sur le marché du travail des professionnels dont les compétences sont recherchées comme les médecins, les ingénieurs ou encore les techniciens industriels.

Une meilleure prise en compte des carrières longues

Mais tous les travailleurs pourraient ne pas être concernés par le départ à la retraite à 65 ans. En effet, Emmanuel Macron a expliqué vouloir « repenser les carrières longues » et « regarder la réalité des métiers et des tâches de la façon la plus individuelle possible ».

Ainsi, les Français qui ont commencé de travailler avant l’âge de 20 ans ou exerçant un emploi pénible pourraient partir à la retraite à 62 ans, contre 60 ans actuellement. Concernant les personnes en situation de handicap, elles pourraient bénéficier d’un départ anticipé dès 55 ans.

Toutefois, le Chef de l’État a maintenu sa volonté de mettre fin aux régimes de retraite spéciaux « pour les nouveaux entrants ».

Référendum et clause de revoyure

Ayant tiré des leçons de son premier projet de réforme des retraites, Emmanuel Macron a déclaré pendant la campagne qu’il n’y aurait pas de passage en force. « Pour les retraites, il y aura une phase de concertation avec les partenaires sociaux. Je ne le ferai pas par ordonnance. Mais le mandat est clair, je l’ai posé dans toute sa transparence. Ce doit être dès l’automne prochain ».

De même, après avoir expliqué qu’une telle réforme ne se ferait pas du jour au lendemain et qu’il ne souhaitait pas « diviser le pays », le Chef de l’État a annoncé qu’il n’excluait pas le recours à un référendum.

Enfin, Emmanuel Macron l’avait promis durant la campagne. En cas de réélection, il serait prêt à instaurer une « clause de revoyure en 2027 ». « Les 65 ans ne sont pas un dogme. J’ouvre la porte très clairement à un âge de départ à 64 ans. Peut-être que s’il y a trop de tensions, il faut s’arrêter en 2027, et ne pas préempter la suite ».

Mais le chef de l’État aimerait que d’ici huit à dix ans, cette réforme s’installe « dans la durée, par la concertation, vers un système totalement universel porté par les partenaires sociaux, qui s’autorégule, sur le modèle de l’Agirc-Arrco. »

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