L’inflation bat un nouveau record en mai

05/06/2022

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L’inflation bat un nouveau record en mai

Depuis quelque temps, l’inflation ne cesse de progresser, dépassant chaque mois les prévisions. Alors qu’elle était de 7,7 % sur un an au mois de mai, la hausse des prix dans la Zone euro a finalement atteint 8,1 %. Un nouveau record qui vient mettre sous pression la Banque Centrale Européenne (BCE). Effectivement, cette dernière pourrait être amenée à agir de manière plus agressive afin de contenir les prix. Elle pourrait notamment accélérer et intensifier le resserrement de sa politique monétaire, ce qui fragiliserait encore plus les économies de la Zone euro.

La hausse des prix se généralise à l’ensemble des biens et services

Pour l’heure, la hausse des prix concernait essentiellement les prix de l’énergie et de l’alimentation. Mais la pression sur les prix continue de progresser et se généralise désormais à l’ensemble des biens et services. Ainsi, l’inflation sous-jacente a également augmenté, en mai. Après avoir progressé de 2,5 % en mars, 3,2 % en avril, elle atteint 3,8 % en mai. Pour rappel, l’inflation sous-jacente est un indice du niveau de la hausse générale des prix qui ne tient pas compte des éléments les plus volatils, comme le pétrole ou les produits d’alimentation.

Une situation particulièrement délicate pour la Banque Centrale Européenne et qui contraste avec la situation aux États-Unis. En effet, l’inflation sous-jacente outre-Atlantique aurait commencé à ralentir au mois d’avril. Un constat qui devrait être confirmé avec la publication des chiffres du mois de mai.

Des perspectives économiques de plus en plus floues

Pour l’heure, les indicateurs d’activité demeurent positifs. Malgré une légère baisse au mois de mai, les indices PMI restent au-dessus du seuil de 50 points. Cela signifie que malgré un ralentissement, l’activité reste en croissance.

Grâce à la normalisation des conditions sanitaires, le secteur des services apparaît notamment comme particulièrement moteur. De même, le sous-indice de la création d’emplois traduit un marché du travail solide et résilient en Zone euro.

Toutefois, cette situation plutôt favorable des entreprises contraste avec la confiance des ménages. En effet, en raison d’un environnement de contraction de leur revenu disponible réel, cette confiance est au plus bas. Ce qui fait s’interroger sur la capacité de résistance des économies de la Zone euro.

Accélérer la normalisation de la politique monétaire

Face à cette nouvelle hausse de l’inflation, la Banque Centrale Européenne pourrait décider d’accélérer la normalisation de sa politique monétaire. D’ailleurs, d’après ses déclarations des dernières semaines, certains anticiperaient une augmentation de ses taux directeurs de 25 points de base au mois de juillet et au mois de septembre. Selon les derniers chiffres d’inflation, certains observateurs spéculeraient même sur une hausse de 50 points de base en juillet prochain.

Au vu du contexte actuel, une normalisation de la politique monétaire européenne semble logique. Toutefois, la BCE devra rester prudente et ne pas durcir trop rapidement et trop fortement ses conditions monétaires. En effet, cela pourrait avoir de graves conséquences sur les économies déjà fortement fragilisées de la Zone euro. À savoir, les faire basculer irrémédiablement en récession.

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