
Près de 100 000 pensions de retraite complémentaire ont été suspendue à tort par l’Agirc-Arrco. Si les droits des retraités concernés vont être rétablis, l’erreur pourrait coûter jusqu’à 850 millions d’euros à la caisse de retraite complémentaire. Explications.
Suspensions à tort de pensions complémentaires détectées
On pense souvent aux trop-perçus, mais il y a aussi les moins-perçus. C’est ce qui est arrivé à environ 100 000 pensionnaires de l’Agirc-Arrco. Les droits des retraités, dont le versement de la pension complémentaire de droit direct ou de réversion fut suspendu à tort.
Cette erreur, détectée par la caisse complémentaire elle-même, découle de deux changements importants dans son système :
- la migration de toutes les caisses de retraites complémentaires vers un nouveau système d’information destiné à faciliter les recoupements ;
- le croisement des fichiers, depuis décembre 2025, avec les fichiers de la Direction générale des finances publiques (DGFIP).
Ces suspensions de versement sont le résultat de campagnes effectuées régulièrement par l’Agirc-Arrco, via mail ou courriers (tous les ans pour les retraités vivant à l’étranger et tous les quatre ans pour les veufs et veuves) permettant de détecter les éventuels changements de situation (remariage, etc.). L’absence de réponse des retraités sollicités (certificat de vie ou déclaration sur l’honneur de non-remariage) entraîne automatiquement la suspension des versements pendant un an. Or, de nombreuses personnes âgées ne sont pas au courant de ces démarches administratives nécessaires, ont changé d’adresse ou sont victimes d’illectronisme.
Rappels de pension : qui est concerné ?
Le comité des opérations, en décembre 2025, de l’Agirc-Arrco a identifié 12 000 personnes « lésées » pour un peu plus de 69 millions d’euros. Mais il faut aussi ajouter 86 000 autres pensionnés qui présentent une « probabilité forte » d’être lésés, pour un montant estimé à 780 millions d’euros. Au total, ce serait donc près de 100 000 personnes concernées par cette erreur.
Toutefois, deux autres catégories ont été relevées listant des pensionnés à la « probabilité incertaine » et à la « probabilité nulle » d’être concernés. Les montants à verser varient d’une caisse complémentaire à une autre. « On essaie toujours d’améliorer la qualité de service, on aurait pu mettre la poussière sous le tapis, mais au contraire, comme à chaque fois, on a voulu bien faire les choses », souligne François-Xavier Selleret, directeur général de l’Agirc-Arrco, au quotidien Les Echos.
L’Agirc-Arrco veut « bien faire les choses »
« Les caisses ont commencé à réinterroger les personnes identifiées » pour traiter chaque cas, a précisé François-Xavier Selleret. « Personne ne sera lésé, les droits sont bien conservés ». Aucune prescription n’existe sur les erreurs de versement sur les pensions de retraite (sauf pour les héritiers, si le pensionné est décédé). L’Agirc-Arrco travaille avec les caisses complémentaires pour restituer ces moins-perçus.
Ce qu’il faut retenir
- Une suspension du versement de certaines pensions complémentaires a été détectée par l’Agirc-Arrco en décembre 2025.
- Suite à un changement de fonctionnement, mis en place fin 2025, certains dossiers n’ont pas été correctement reliés.
- Cette erreur concernerait au moins 100 000 pensionnés et devrait être rectifiée prochainement.
Pour aller plus loin :
- Pour vérifier le calendrier des paiements de votre pension complémentaire, consultez le site internet de l’Agirc-Arrco,
- S’informer en matière de Retraites,
- Retrouver l’article d’origine sur LesEchos.
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