
56 % des personnes ont reçu plus qu’elles n’ont versé en 2023, selon une nouvelle étude de l’Insee. Le système de redistribution fonctionne efficacement en France, mais cette intervention de l’État pour réduire les inégalités a un coût. Explications.
La redistribution réduit les inégalités
Sujet brûlant du débat public, le système redistributif français permet de contenir les inégalités. Une étude publiée par l’Insee révèle qu’en 2023, avant transferts publics, les 10 % les plus aisés percevaient 26 fois plus que les 10 % les plus modestes. Cet écart est divisé par 8, une fois les transferts publics pris en compte. En France, selon l’étude Insee : le revenu primaire net élargi des Français qui s’établissait, en moyenne en 2023 et avant intervention publique, à 44 300 euros par unité de consommation (UC), est passé à 45 700 euros après transferts.
Ce mécanisme de solidarité s’opère à travers différents canaux :
- les prélèvements (impôts, cotisations sociales) ;
- les prestations sociales ;
- les transferts sociaux (éducation, santé,…).
Selon l’Insee, les transferts sociaux représentent à eux seuls 51 % de la réduction des inégalités opérée par le système de redistribution.
La redistribution au prix d’un endettement public
Cependant, ce système bien rodé, comporte un coût pour l’État. Et c’est justement ce point qui alimente le débat. « Aujourd’hui, la puissance publique distribue plus qu’elle ne prélève », souligne l’Insee. En 2023, 1 337 milliards d’euros ont été redistribués aux ménages via les transferts publics pour seulement 1 273 milliards d’euros de prélèvements. Par conséquent, l’écart de 1 400 euros par UC a été financé par la dette publique.
Qui sont les gagnants et les perdants de la redistribution ?
« L’ampleur de la redistribution élargie varie aussi fortement selon l’âge, le diplôme et la catégorie socioprofessionnelle », nuance l’Insee. L’étude montre ainsi que 99 % des 10 % les plus modestes profite de la redistribution élargie, tandis que ce chiffre tombe à 18 % chez les 10 % les plus aisés.
Les retraités et les personnes âgées de plus de 65 ans figurent parmi les premiers bénéficiaires du système de redistribution. En effet, les pensions de retraite et les remboursements des frais de soins sont considérés comme des transferts publics. Parmi les actifs, tous les groupes ne sont pas logés à la même enseigne :
- Les ouvriers et les employés ne sont ni perdants, ni gagnants du système de redistribution.
- Les cadres, les travailleurs indépendants et les chefs d’entreprise contribuent plus qu’ils ne perçoivent.
À noter qu’une seconde étude publiée par l’Insee montre que, malgré la redistribution, les inégalités de pouvoir d’achat se sont creusées en 2023. Le ratio entre le revenu disponible brut des 20 % les plus aisés et 20 % les plus modestes était en 2023 de 4,4 contre 4,1 en 2022.
Ce qu’il faut retenir
- L’étude de l’Insee montre que la redistribution en France permet de réduire les inégalités.
- Le mécanisme redistributif agit en faveur des retraités, des familles avec enfants et des moins diplômés.
- Il constitue un coût pour les finances publiques, car les prélèvements ne couvrent pas la totalité des transferts effectués.
- La redistribution élargie ne suffit pas à gommer les écarts de pouvoir d’achat qui se creusent.
Pour aller plus loin :
- Pour approfondir le sujet, lisez l’étude de l’Insee,
- S’informer en matière d’Impôt sur le revenu,
- Retrouver l’article d’origine sur Les Echos.
UN PATRIMOINE.FR