Guerre en Iran : l’économie européenne paie la facture

05/05/2026

Au premier trimestre 2026, la croissance économique est en berne, atteignant à peine 0,1 %. Le conflit iranien et son impact sur le prix du pétrole et du gaz ont relancé l’inflation, venant chambouler les pronostics des experts. Si l’Espagne semble tenir le cap, l’Allemagne tente de se maintenir à flot, alors que la France affiche une croissance nulle. Explications.

L’économie européenne au point mort

Les chiffres sont tombés et ils ne sont pas aussi bons que prévus. Selon les dernières données d’Eurostat, le PIB de la zone euro a presque stagné au premier trimestre 2026 (par rapport au trimestre précédent) : +0,1 %. Ce nouveau ralentissement a surpris les économistes, qui envisageaient une accélération de la croissance pour atteindre 0,3 %.

La croissance de la zone euro est aussi impactée par le ralentissement de l’économie française, avec une croissance quasi-nulle selon l’Insee.

L’inflation en hausse

Les économistes n’avaient pas prévu dans leurs pronostics le conflit déclenché par Donald Trump en Iran, le 28 février. Bien que le président américain n’ait pas consulté ses « alliés » européens, ces derniers paient la facture d’un conflit installé. Le blocage du détroit d’Ormuz a directement impacté les économies européennes avec la hausse des prix du pétrole et du gaz.

Sur un an, l’inflation de la zone euro grimpe de 3 %, contre 2,6 % le mois précédent. Cette évolution de près d’un demi-point est le plus haut niveau atteint depuis septembre 2023, selon Eurostat. « Le principal moteur est l’inflation dans l’énergie », observe Oxford Economics dans une note. Les prix de l’énergie ont augmenté de 11 % en rythme annuel au cours du mois d’avril (contre 5,1 % en mars).

Une zone euro à plusieurs vitesses

La situation économique française contraste avec ses voisins européens, qui voient leur PIB progresser :

  • En Allemagne, la croissance a progressé de 0,3 %, soit 0,1 point de pourcentage de plus que les prévisions. Le PIB allemand est porté par la consommation des ménages et les exportations. L’Allemagne a, cependant, divisé par deux ses prévisions de croissance pour 2026.
  • L’Espagne tire la croissance européenne vers le haut, avec un PIB en hausse de 0,6 %. Le gouvernement de Pedro Sanchez s’est félicité de maintenir son rythme de croissance grâce à la consommation des ménages et à l’investissement des entreprises.
  • L’Italie affiche une hausse du PIB de 0,2 % pour ce premier trimestre. La perspective de Jeux Olympiques de Milan permet de dynamiser le secteur des services.
  • L’économie finlandaise fait également partie des moteurs de l’économie européenne avec une croissance de 0,9 %.
  • D’autres pays de la zone euro affichent une croissance en perte de vitesse, comme l’Irlande (-2 %), la Lituanie (-0,4 %) ou encore la Suède (-0,2 %).

Selon Oxford Economics, les effets du conflit sur la zone euro « seront plus visibles à partir du deuxième trimestre ». Les chiffres d’Eurostat sont donc un avant-goût d’une situation qui pourrait s’installer : « une inflation supérieure à l’objectif et une activité faible ». La Société Générale prévoie un pic d’inflation de 3,7 % pour 2027, tandis que Morgan Stanley envisage 4 %.

Ce qu’il faut retenir

  • Les récents chiffres d’Eurostat montrent une croissance européenne faible : 0,1 % pour le premier trimestre 2026.
  • Si l’évolution de l’activité économique varie d’un pays européen à l’autre, la France affiche un PIB quasi-nul.
  • La hausse des prix du pétrole et du gaz, suite au déclenchement de la guerre en Iran, vient impacter l’inflation de la zone euro.
  • Les analystes prédisent une poursuite de la hausse de l’inflation qui viendra aussi plomber la croissance économique du second trimestre 2026.

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