L’impact de la guerre en Iran sur l’économie mondiale

17/03/2026

Depuis le 28 février 2028 et les frappes lancées par les États-Unis et Israël sur l’Iran, le monde est entré dans de nouvelles turbulences. Le conflit iranien pourrait impacter durablement l’économie européenne, notamment si le prix du baril de pétrole reste élevé. Explications.

La durée du conflit, élément déterminant

Déjà visible sur les prix à la pompe à essence, l’impact de la guerre en Iran sur l’économie européenne, et plus globalement l’économie mondiale, pourrait durer. Pour le moment, les économistes et les investisseurs envisagent un conflit de courte durée. Car c’est bien la durée du conflit, associée à son intensité, qui sera déterminante pour l’évolution de l’économie mondiale.

« Si le conflit dure en tout quatre à cinq semaines, l’impact macroéconomique ne sera pas très important. Certes, il y aura un pic d’inflation aux mois de mars et avril, mais les banques centrales s’en accommoderont. Elles ne relèveront pas les taux d’intérêt car cette poussée des prix restera temporaire », analyse Claudia Panseri, directrice des investissements en France chez UBS. Plus le conflit dure, plus le prix des hydrocarbures est susceptible de grimper. En effet, près de 20 % du gaz et pétrole mondial transite chaque jour par le détroit d’Ormuz, fermé par l’Iran depuis quinze jours.

Un choc sur des économies déjà affaiblies

Si, à première vue, le contexte actuel rappelle celui de 2022, en quoi la situation diffère du conflit russo-ukrainien ? La réponse est simple : l’état de l’économie mondiale. En 2022, les économies tentaient de rattraper les deux années de léthargie causées par le Covid-19 : le marché du travail était tendu, les taux restaient bas, l’inflation commençait à grimper. Aujourd’hui, en 2026, l’économie mondiale est déjà affaiblie par les tensions géopolitiques et la hausse des droits de douane américains. Le Fonds monétaire International (FMI) prévoit une croissance de 3,3 % pour 2026, soit -1,1% par rapport à 2022.

Source : Les Échos

« Pour la zone euro, on s’attendait à une progression du PIB de l’ordre de 1,2 % cette année avant le début du conflit, soit à peu près la croissance potentielle. Un baril de pétrole à 100 dollars sur l’année pourrait amputer le PIB d’environ 0,5 point, ce qui commencerait à poser des problèmes de destruction d’emplois », considère Gilles Moëc, chef économiste du groupe AXA.

L’évolution du prix du baril de pétrole sous haute surveillance

« Si les prix mondiaux du pétrole se maintenaient en moyenne autour de 140 dollars le baril pendant deux mois, cela suffirait à faire entrer certaines parties de l’économie mondiale dans une légère récession », assure le cabinet Oxford Economics. En supposant que la situation conflictuelle se maintienne plusieurs mois, les prévisions d’UBS envisagent une amputation de 100 points de base de la croissance de la zone euro et une inflation en hausse de 300 points de base. Un tel scénario (qui nous mènerait à une hausse des prix 5 %) obligerait la Banque centrale européenne (BCE) à réagir.

Mais, le risque d’erreur dans l’évaluation de la situation n’est pas nul : « un des risques, c’est l’erreur de politique économique dans la réponse au choc », alerte Gilles Moëc. Une décision de remonter les taux trop rapidement de la part de la BCE pourrait impacter durablement la croissance de la zone euro. D’autant plus que la politique budgétaire européenne laisse peu de marge de manœuvre. De leur côté, « les investisseurs ont la conviction que le conflit ne durera pas longtemps parce qu’avec les élections de mi-mandat dans six mois, Trump sera obligé de vite arrêter, d’autant que tous les pays du Golfe ont intérêt à une réouverture du détroit d’Ormuz et une baisse du prix du pétrole », détaille Claudia Panseri. La croissance 2026 est donc étroitement liée à l’évolution à l’évolution du conflit en Iran.

Ce qu’il faut retenir

  • La durée du conflit en Iran est déterminante pour l’évolution de l’économie mondiale.
  • Si les experts tablent actuellement sur une durée courte de la guerre, la fermeture du détroit d’Ormuz et, par ricochet, le prix des hydrocarbures peut influer la croissance mondiale de 2026.

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