
Passant sous la barre des 5 000 dollars, l’or, tout comme l’argent (-30 %), a chuté de façon inattendue. Une réaction des marchés financiers suite à la décision de Donald Trump de nommer Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale. Explications.
Écroulement historique de l’or et de l’argent
Quelques minutes ont suffi pour la chute des valeurs refuges. Vendredi, l’écroulement historique de l’or et de l’argent a eu lieu peu de temps après la confirmation de nomination de Kevin Warsh, au poste de Jerome Powell, à la tête de la banque centrale américaine.
En quelques minutes, l’once d’or a perdu plus de 12 %, affichant moins de 5 000 dollars. Une première depuis… le début des années 1980. L’argent a subi une baisse encore plus spectaculaire : -36 % de sa valeur, fixant son prix autour de 75 dollars. Auparavant, l’once s’échangeait pour 120 dollars.
Du côté des marchés financiers, cet effondrement n’a pas semé la panique, mais tous les indices ont été impactés : le S&P a perdu 0,43 % et le Nasdaq 0,94 %.
L’effet papillon d’une décision présidentielle
Vendredi, le mouvement massif de vente des métaux précieux n’était pas anodin. Il est la conséquence du choix du successeur de Jerome Powell à la Réserve fédérale. En choisissant Kevin Warsh, Donald Trump a créé la surprise, provoquant une vive réaction des investisseurs.
Face aux attaques répétées du locataire de la Maison Blanche contre l’indépendance de la Fed, les investisseurs précautionneux avaient massivement opté pour les métaux précieux, valeurs refuges. Une stratégie préventive en cas de nomination d’un proche de Trump, comme Kevin Hassett ou Rick Rieder, deux candidats également envisagés au poste.
En plus de créer la surprise, le choix de Kevin Warsh, considéré comme « un fervent défenseur de l’indépendance de la Fed », vient rassurer les marchés financiers et l’avenir de la Fed. « Les marchés estiment qu’un candidat plus conventionnel, qui ne soit pas un simple instrument de Trump, est un frein à la spéculation sur l’or », résume Neil Wilson, analyste pour Saxo Markets. Ce choix « pourrait restaurer la confiance dans l’indépendance institutionnelle de la Fed ».
Métaux précieux : une mise en garde
Il est, toutefois, réducteur d’associer le mini-krach des métaux précieux au simple choix du nouveau président de la Réserve fédérale des États-Unis. Il faut plutôt envisager cet événement comme l’élément déclencheur d’une correction, qui était depuis longtemps attendue par les analystes. Le marché de l’or « valide les mises en garde contre les hausses et chutes fulgurantes », analyse Christopher Wong, stratégiste chez Oversea-Chinese Banking. « C’est un peu le genre d’excuses que les marchés attendent pour dénouer ces trajectoires paraboliques ».
Les fortes tensions économiques et géopolitiques ont largement contribué à l’engouement pour les valeurs refuges. Une baisse des risques à partir du second semestre 2026 pourrait permettre de retrouver un équilibre sur le marché des métaux précieux. Cependant, dans le contexte mondial actuel, « les raisons fondamentales de détenir de l’or demeurent aussi solides qu’auparavant », affirme Ole Hansen de Saxo Bank.
Ce qu’il faut retenir
- Le cours de l’or, et celui de l’argent, se sont subitement effondrés vendredi 30 janvier.
- En cause, la vente massive des valeurs refuges qui a succédé à la nomination, par Donald Trump, de Kevin Warsh au poste de président de la Fed.
- Les fluctuations des cours des métaux précieux ne sont pas uniquement liées à la question de la succession à la tête de la Réserve fédérale. Elles s’inscrivent dans un contexte de risques économiques et géopolitiques croissants qu’il ne faut pas sous-estimer.
Pour aller plus loin :
- Pour approfondir, lisez la nomination de Kevin Warsh par la Maison Blanche
- S’informer en matière de Marchés financiers
- Retrouver l’article d’origine sur Les Echos
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