
Pour établir un diagnostic financier du système des pensions de retraite en juin, le Conseil d’orientation des retraites (COR) va tenir compte du contexte actuel en France. La prise en compte de la baisse de la natalité et de la suspension de la réforme des retraites devraient faire pencher la balance, augmentant encore plus le déficit envisagé. Explications.
Le COR revoit sa copie
Les calculs ne sont pas bons pour le financement du système des retraites. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a annoncé que le diagnostic financier du système des retraites allait « être significativement révisé » au mois de juin.
Le dernier rapport du COR était déjà alarmant. Au début 2025, la Cour des comptes avait pronostiqué un déficit supérieur à 6 milliards d’euros en 2030, proche de 15 milliards d’euros en 2035 et atteignant 30 milliards d’euros en 2045.
L’évolution de la démographie change la donne
« Les observations récentes s’écartent sensiblement des hypothèses retenues », justifie le COR dans la lettre publiée sur son site internet. Pour établir ses projections, le Conseil s’appuie sur les données démographiques réalisées tous les cinq ans par l’Insee. Le problème : les dernières données démographiques utilisées par le COR datent de 2021 et envisagent un taux de fécondité de 1,8 enfant par femme. Or, le taux de fécondité est actuellement plus bas : 1,56 enfant par femme, soit inférieur à l’hypothèse basse établie par le COR dans son rapport annuel 2025.

En effet, le basculement démographique enregistré en France, avec un nombre de décès supérieur au nombre de naissances, implique une population active en baisse pour les années à venir impactant directement le financement du système. Compte tenu de ces différences, le COR annonce donc que « le diagnostic financier de ce prochain rapport annuel pourrait être significativement révisé en comparaison du rapport de juin 2025 ».
Autre point alarmant pour le COR : le solde migratoire. Si dans les faits, le solde est plus élevé que les estimations (+80 000 personnes par an vs. +70 000 personnes par an) offrant donc plus de ressources pour le système, le COR prévient que ce solde supérieur implique aussi à terme plus de dépenses.
L’impact de la suspension de la réforme des retraites
La nouvelle du basculement démographique n’est pas si fraîche. Le COR avait déjà envisagé d’ajuster son rapport l’année dernière, mais ce dernier servait alors de base aux discussions entre syndicats et organisations patronales pour améliorer le dit-système.
Avec la mise à jour des données Insee en 2026, le COR compte s’appuyer sur des données plus récentes et envisage aussi de tenir compte des conséquences de la suspension de la réforme des retraites. Acté par la loi de financement de la Sécurité sociale, ce gel représente un coût de 10 milliards d’euros pour le système de retraite. Un chiffre qui ne peut être négligé pour les projections.
Si le rapport du COR, attendu en juin, reste la référence pour les prises de décisions sur le sujet, il pourrait aussi devenir matière à enflammer les débats lors des prochaines élections présidentielles.
Ce qu’il faut retenir
- La baisse de la natalité et la hausse du solde migratoire poussent le COR à revoir le diagnostic de le financement du système des retraites.
- Le gel de la réforme des retraites voté dans le budget de la Sécurité sociale en 2026 vient aussi impacter fortement les finances du système.
- Le COR va donc utiliser des données démographiques à jour pour rédiger son prochain rapport et prévoir l’ampleur du déficit budgétaire du système des retraites pour les prochaines années.
Pour aller plus loin :
- Pour mieux comprendre la décision du COR, lisez la lettre publiée.
- S’informer en matière de Retraite
- Retrouver l’article d’origine sur Les Echos
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