Les français et la réforme des retraites : nouvelles interrogations

16/04/2019

Si les retraités actuels se montrent plutôt satisfaits du montant de leur pension et de leur niveau de vie, il n’en va pas de même pour les actifs. En effet, ces futurs retraités manifestent une certaine défiance à l’encontre de l’exécutif et de ses motivations à ce sujet.

La réforme des retraites reste une préoccupation importante pour la majorité des français. Ces derniers se montrent d’ailleurs toujours favorables à la mutation des nombreux régimes de retraite existants en un Régime Universel, proposé par Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle. Mais désaccords et interrogations surgissent à mesure de l’avancement des débats touchant des sujets plus précis et détaillés.

Aujourd’hui, le débat principal est bien celui de l’âge du départ à la retraite et selon les catégories sociaux-professionnelles, les avis diffèrent. Libéraux, cadres supérieurs et retraités plébiscitent un recul de l’âge minimal alors qu’une large part des français sondés opte pour un départ à 60 ans.

Un autre désaccord de fond : celui du maintien de certaines spécificités à l’intérieur de ce futur Régime Universel.

La question divise surtout les indépendants, plutôt favorables à un Régime Universel pur, et les fonctionnaires (ainsi que les salariés d’entreprises publiques) qui défendent le maintien de leurs spécificités.

Enfin, la question de savoir qui devra gérer ce futur Régime Universel oppose cette fois les salariés du secteur privé, très majoritairement en faveur d’une gestion assurée par les partenaires sociaux, et les indépendants partisans d’une gestion d’Etat. Ces divergences s’expliquent sans doute par l’habitude qu’ont les salariés de voir leur retraite gérée par les syndicats et le patronat, mais aussi par la méfiance que l’exécutif leur inspire.

En réponse à cette question, Jean-Paul Delevoye (haut-commissaire à la réforme des retraites auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn depuis le 14 septembre 2017) préconise un système mixte, où les partenaires sociaux seraient membres du conseil d’administration d’un établissement public. Reste encore à définir la gouvernance de cette future structure.